Jardin à visée thérapeutique

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Jardin à visée thérapeutique

Depuis plusieurs années, Bio-T-Full accueille au sein de son équipe des jeunes en situation de handicap, présentant des troubles du neuro-développement (TND), notamment sur le spectre autistique. Nos différents espaces végétalisés, à « taille humaine » sont autant de lieux propices à leur éveil, leur épanouissement, et leurs besoins en terme de sécurité et d’accompagnement spécifique. Sur le champ des apprentissages relationnels et socio-professionnels, nos jardins ainsi que notre micro-pépinière déployée au Solilab (île de Nantes), sont des espaces d’expérimentation et d’expression pour ces jeunes parfois éloignés des dispositifs déjà existants, et dont l’accompagnement nécessite une attention particulière, notamment en termes de difficultés sociales et sensorielles. 

Dans cette continuité, et suite à plusieurs rencontres avec des acteurs du médico-social, est née l’idée de développer un jardin à visée thérapeutique sur l’emplacement d’une friche à proximité du Solilab. C’est aussi l’ambition fondatrice de l’association dès sa création (2015) : végétaliser le milieu urbain, en reconnectant les citadins à la nature. Dans le cadre du nouveau projet associatif, nous animons ainsi des ateliers auprès de jeunes, en lien avec des activités autour du jardin. Qu’ils soient  résidants en instituts médico-éducatifs (IME) ou à domicile, l’idée est de les impliquer ainsi que leur famille, dans la co-construction de ce futur jardin à visée thérapeutique. La finalité : l’inclusion hors les murs, en milieu ordinaire, le changement de regard et surtout une meilleure connaissance du handicap pour toutes et tous. 

Aux origines du projet : un constat

On estime à environ 10% la proportion de jeunes de moins de 30 ans atteints de TND en France (troubles du neuro-développement). Les adolescents et jeunes adultes souffrant de TND (comme notamment l’autisme, les troubles d’hyperactivité, etc.) manquent souvent de dispositifs alternatifs centrés autour de leurs besoins spécifiques.

Parmi les adolescents et jeunes adultes accompagnés, les besoins recensés concernent généralement les enjeux sociaux et professionnels. En effet, cette période est souvent charnière dans le projet de vie du jeune puisqu’elle détermine généralement les étapes du parcours professionnel et social. Ces enjeux sont d’autant plus marqués pour des jeunes présentant un trouble neuro-développemental puisque les spécificités de leur fonctionnement interne induisent des efforts d’adaptabilités considérables. C’est pourquoi, il nous parait indispensable d’élaborer des projets inclusifs adaptés, de façon à leur offrir des possibilités d’inclusion optimales.

Les trois sphères prioritaires d’accompagnement visées dans les interventions éducatives concernent l’autonomie, les habiletés sociales et l’insertion pré-professionnelle.

Au vue de ces constats, il nous apparait nécessaire d’apporter des réponses à ces besoins spécifiques en définissant des lieux ressources et en élaborant des projets partenariaux. L’idée est donc que chaque personne impliquée tire profit de la mixité du projet élaboré (pluri-professionnalité des porteurs du projet), de la mixité d’environnements (variété des lieux d’animation et des formats d’accompagnement éducatifs et pédagogiques), et de la mixité sociale (tiers lieux de l’ESS, jardins nourriciers en lien avec la Ville de Nantes, etc.)

LE PARTENARIAT, une synergie au benefice des publics spécifiques

Dès les premiers échanges et rencontres avec des éducatrices et éducateurs spécialisés, l’envie de croiser et mutualiser les compétences se manifeste dans les besoins, au bénéfice de ces jeunes. D’un côté l’éducateur doit centrer son accompagnement sur les besoins spécifiques liés aux troubles du développement sans maitriser les aspects techniques du jardinage et de l’animation EEDD (éducation à l’environnement et au développement durable), de l’autre l’animateur sait conduire sa séance sans percevoir avec évidence les subtilités liées au travail d’adaptation nécessaire à ces publics spécifiques.

Qu’ils travaillent en IME ou en profession libérale (agence Lib’Educ notamment), ces professionnels du métier de l’éducation spécialisée nous ont enrichi et inspiré dans nos différentes approches, qu’elles soient pédagogiques, sociales ou professionnelles. Le partenariat insufflé permet de nourrir le projet et de guider l’approche pluridisciplinaire, tout au long de sa mise en oeuvre, et ce quelque soit le changement d’échelle envisagé.

Après un premier soutien confirmé de la part du Département, c’est un lancement de projet initié sur 2023, auprès de 4 jeunes de moins de 30 ans. Accueillis depuis l’automne au sein du Solilab, ils bénéficient d’un accompagnement hebdomadaire, sur des activités en lien étroit avec le jardin et la micro-pépinière en fonctionnement, en partenariat avec des éducateurs du réseau Lib’Educ, et avec le soutien des familles.

DES JARDINS EN PROJET POUR 2024

  • Le premier projet de 250m2 en forme de trapèze, a l’ambition d’être la continuité d’un espace déjà investi par l’association Bio-T-Full sur le site du Solilab et qui bénéficie à l’ensemble des usagers du site.

Cette zone en enrobé délaissée depuis des années est bordée d’un côté d’une palissade en bois de deux mètres de hauteur et de l’autre d’un bâtiment en tôle. Malgré la quasi absence de sol, l’endroit présente un intérêt écologique non négligeable notamment par la présence de nombreuses espèces végétales herbacées qui proviennent essentiellement de l’espace en friche adjacent au terrain.

L’idée majeure du projet est double : à la fois favoriser, valoriser cette spontanéité végétale et en même temps proposer un « jardin des cinq sens » accessible à tout type de personnes désireuses de mieux comprendre et connaître le vivant.

Par ailleurs, l’ambition est de montrer que faire un jardin en prenant compte et en conservant au maximum l’existant, permet de faire des économies à tous les niveaux (énergies, matériaux, émissions co2, etc.). Il s’agit d’adapter le projet au milieu et non pas comme trop souvent d’adapter le milieu au projet. Le jardin végétalisé permettra ainsi de rapidement tempérer l’endroit, d’apporter plus de biodiversité à l’espace et de répondre à l’objectif sensoriel projeté.

  • Le deuxième jardin prendra ses quartiers à Nantes Nord, au sein de la médiathèque Luce Courville. Un espace est déjà existant avec des arbres fruitiers et de quoi s’asseoir pour bouquiner, mais il n’est pour l’instant que trop peu exploité. Des potagers prendront formes et serviront de liens sensoriels entre la grainothèque intérieur et diverses animations / ateliers. 

Plan jardin « Oasis des 5 sens »

Inspiration végétales

NOTRE APPROCHE 

Parmi les freins souvent obstacles à l’inclusion et l’insertion de personnes atteintes de troubles psychique : le cloisonnement, la stigmatisation et la méconnaissance de ce que sont ces troubles et leurs manifestations.

L’accueil de jeunes personnes touchées par des TND au sein de jardins ouverts, inclusifs et décloisonnés permettent de favoriser la mixité des publics accueillis et donc d’encourager progressivement le changement de regard. C’est pourquoi le choix du Solilab et une médiathèque comme lieu d’accueil est non seulement symbolique mais également pragmatique pour ce type de projet d’inclusion. 

Notre initiative prévoit de mesurer l’impact des séances ludo-éducatives et/ou de brico-jardinage (selon l’âge) sur les bénéficiaires par la mise en place de grilles de suivi, grâce à la particularité de notre approche qui se fonde spécifiquement sur la complémentarité entre accompagnant pluri-professionnels : animateur jardin + éduc-spécialisé.

Cette mesure sera évaluée lors de chaque ateliers et lors de bilans semestriels. Plusieurs indicateurs (essentiellement qualitatifs) sont pris en compte, comme l’acquisition d’habiletés sociales, le développement de savoir-faire, la réalisation de tâches en autonomie ou l’intérêt présenté pour les activités de la part des publics bénéficiaires.

Ce projet vous intéresse tout particulièrement ? Vous souhaitez embarquer avec nous ou aider financièrement l’association pour permettre à cette initiative de continuer sur plusieurs années tout en bénéficiant à plus de jeunes ?