Les 5 Ponts

Amorcée il y’a maintenant près de 30 ans, la transformation de l’île de Nantes s’opère au croisement de quatre chemins fondateurs d’un urbanisme plus durable et soutenable : la prise en compte de la nature en ville, le soutien aux initiatives sociales et solidaires, le développement économique local, et la mise en avant de la culture et du monde artistique.
Historiquement ancrée dans son ADN ouvrier et industriel, l’île de Nantes a d’ores et déjà gagné le pari de réussir sa mutation, tout en favorisant l’émergence d’un tissu socio-économique riche et dynamique d’initiatives culturelles, solidaires et environnementales qui font de ce territoire un laboratoire d’expérimentations et d’initiatives métissées unique en France.
C’est dans ce contexte que le projet des 5 Ponts s’inscrit, avec l’ambition de construire un lieu innovant, d’hébergement, de partage et d’avenir pour les personnes en situation de grande exclusion.

Initié par l’association Les Eaux Vives et accompagné par la Ville de Nantes, ce projet a notamment su mobiliser, par son aspect audacieux, des financements de l’Europe liés aux fonds de développement régional soutenant les Initiatives d’Actions Urbaines Innovantes.

Ambitieux par son originalité, et par sa volonté de nourrir à la fois le vivre ensemble et les liens pouvant se tisser entre les différents usagers du futur quartier de la santé, porté notamment par les enjeux de la ville durable et solidaire; l’objectif principal du projet est de contribuer au changement de regard que porte parfois la société sur les personnes qui en sont exclues, tout en répondant à leurs besoins spécifiques et complexes. Pour répondre à cette finalité, le programme des 5 Ponts projette l’implantation d’une ferme urbaine sur les toits de ces deux principaux bâtiments, complétée par une zone au sol de 3000 m², prévue pour des cultures vivrières en hors-sol.

En effet, l’ancienne activité industrielle du site, liée notamment à l’importance et l’ancienneté des chantiers navals clôturés à la fin des années 80, laisse présager de la présence de polluants dans les sols, excluant de fait toute culture en pleine terre.

Compte-tenu de la spécificité du projet, et de son caractère innovant sur de nombreux aspects (inclusion d’un public en grande exclusion dans une dynamique d’insertion professionnelle, exploitation d’une ferme sur les toits sur de faibles surfaces, intégration en milieu urbain de techniques de cultures « low-tech«  et hors-sol, le tout dans une logique de viabilité économique), la SAMOA – Société Publique Locale d’Aménagement en charge de la maîtrise d’ouvrage et de l’aménagement urbain de l’ïle de Nantes –  a lancé un appel à candidature en direction de toute structure ou groupement souhaitant proposer un projet de gestion et d’exploitation d’une ou plusieurs parties des infrastructures proposées par ce programme. Quatre lots ont ainsi été subdivisés puis soumis à candidature : une ferme urbaine, un restaurant solidaire, un plateau de bureaux dédié à l’économie sociale et solidaire et un local commercial.
En étroite collaboration avec l’association Trajet, œuvrant dans le domaine de l’insertion depuis plus de 30 ans, notre équipe s’est alors lancée dans l’aventure, en décidant de répondre au lot « ferme urbaine » de cet appel à projet, vecteur de valeurs qui nous tiennent à cœur comme le développement de l’agriculture urbaine, ou encore la transmission des connaissances par le partage et le « faire ensemble ».

Notre proposition ? La polyculture de produits à haute valeur ajoutée et nutritive, viables économiquement sur de faibles surfaces, à l’aide d’outils de production ergonomiques adaptés à des publics en difficulté d’insertion socio-professionnelle, voire touchés par une santé fragile.

A ce stade de la consultation, nous attendons les auditions qui se dérouleront courant février, avec une réponse prévue d’ici la fin du mois, quant au candidat qui sera retenu pour exploiter la ferme urbaine… Seule info que nous pouvons d’ores et déjà dévoiler : notre démarche globale fait l’objet d’un suivi, voire d’un soutien partenarial de la part d’ institutions comme la Chambre d’Agriculture, d’enseignants chercheurs issus d’établissements concernés par l’agriculture urbaine (AgroParisTech, Université de Nantes, Lycée aquacole de Guérande), des partenaires privés comme La Florentaise, Cultures d’entreprise, le Miel d’Antoine, Horus Spiruline, Le Jardin des Vers, O’bio Potager… Sans oublier le soutien des réseaux Ecossolies et Ecopole, ou encore des associations reconnues dans le domaine de l’insertion, de l’environnement ou de l’agriculture (péri-)urbaine comme Oser Forêt Vivante, Compostri, Nantes Ville Comestible, La Tricyclerie, et bien d’autres acteurs du territoire concernés de près ou de loin par les enjeux autour du vivre ensemble, de la ville durable et du projet alimentaire territorial.

Crédits illustrations : Agence TETRARC, SAMOA